Prospection immobilière
Pour obtenir des rendez-vous vendeurs, organise ta prospection autour de créneaux fixes de tentatives, d’un territoire choisi et d’une entrée en matière travaillée. Choisis ensuite tes canaux (terrain, LinkedIn, visibilité locale) selon ton point de blocage, pas selon la mode.
Cet article s’adresse aux mandataires immobiliers qui multiplient les actions sans obtenir assez de rendez-vous. Il propose une organisation de semaine, une grille pour choisir ses canaux et une liste de contrôle.
Le point de départ
1. Le problème n’est pas le nombre d’actions, c’est ce qu’elles provoquent
Publier, distribuer des flyers, appeler, sonner aux portes : toutes ces méthodes peuvent fonctionner. Mais à un moment, tu dois entrer en relation avec une personne. Ce n’est pas seulement le nombre de personnes rencontrées qui compte, c’est ce que tu es capable de provoquer pendant la rencontre.
J’appelle chaque prise de contact une tentative. Avant un mandat, il faut une rencontre. Avant une rencontre, il faut une tentative. Organiser sa prospection, c’est d’abord organiser ses tentatives.
Mon école a été celle du terrain : la vente à domicile, le porte-à-porte, la prospection téléphonique. La rencontre, les refus, les tentatives. C’est de là que vient cette façon de compter chaque prise de contact, plutôt que de juger une journée sur ses seuls résultats.
La méthode
2. Organiser sa semaine en 4 temps
1. Bloque des créneaux de tentatives non négociables. Inscris-les dans ton agenda comme des rendez-vous. Sans créneau fixe, la prospection passe toujours après l’urgent.
2. Prépare une entrée en matière par créneau. Avis de valeur, DPE, actualité du quartier : choisis un sujet utile pour le propriétaire et prépare ta première phrase. Évite de te présenter d’entrée comme quelqu’un qui cherche un projet ; cherche à créer l’envie de poursuivre l’échange, sans cacher qui tu es.
3. Note chaque tentative et son résultat. Porte ouverte, conversation, recommandation, rendez-vous : chaque étape est différente.
4. Fais le bilan en fin de semaine. Où la chaîne s’est-elle arrêtée ? Ajuste un seul point la semaine suivante : l’entrée en matière, le territoire, le créneau ou la relance.
Ce que tu notes chaque semaine
- Tentative : chaque prise de contact que tu provoques auprès d’un propriétaire ou d’un relais (porte sonnée, appel passé, message envoyé), avec ou sans réponse.
- Conversation : une tentative qui aboutit à un vrai échange. Une porte fermée ou un appel sans réponse reste une tentative.
- Recommandation reçue : le contact précis d’un propriétaire qui a un projet, transmis par quelqu’un. Une même personne recommandée deux fois compte une fois.
- Rendez-vous vendeur : un rendez-vous fixé (date et heure) avec un propriétaire qui a un projet de vente, noté la semaine où il a lieu.
- Mandat : un mandat signé, simple ou exclusif.
Une même personne passe d’une étape à l’autre : ce ne sont pas des doublons. Ne compte simplement jamais deux fois la même étape pour la même personne dans la semaine. Pour suivre aussi tes apporteurs d’affaires, utilise le tableau de l’article sur les apporteurs.
Exemple de lecture, avec des chiffres inventés pour l’illustration (ni repère ni objectif) : 25 tentatives, 3 conversations, 0 rendez-vous. Le blocage se situe dès l’entrée en matière : avant de multiplier les canaux, retravaille ta première phrase.
Grille de décision
3. Terrain, LinkedIn ou visibilité locale : lequel choisir ?
| Ta situation | Priorité | Pourquoi |
|---|---|---|
| Peu de conversations avec des propriétaires | Terrain et réseau d’apporteurs | Le contact direct crée les premières relations et les recommandations. |
| Des conversations mais peu de rendez-vous | Entrée en matière et questionnement | Ajouter un canal ne règle pas un échange qui ne donne pas envie de poursuivre. |
| Des rendez-vous mais peu de mandats | Conduite du rendez-vous vendeur | Le blocage est dans la prise de mandat, pas dans la prospection. |
| Un secteur précis où l’on te cherche en ligne | Visibilité locale sur Google | Ta fiche Google complète la présence terrain, elle ne la remplace pas. |
| Un réseau de partenaires professionnels actif sur LinkedIn | Utile pour les prescripteurs et le recrutement ; moins direct pour toucher les particuliers d’un village. |
Exemple fictif, pour illustrer la méthode
Sophie consacrait ses semaines à publier et à distribuer des flyers. Elle bloque désormais deux matinées de tentatives sur son secteur, avec une entrée en matière sur le DPE. Son tableau montre beaucoup de portes ouvertes mais peu de conversations : elle retravaille sa première phrase avant de chercher un nouveau canal.
Liste de contrôle
4. Ta semaine de prospection est-elle prête ?
- ☐ Mes créneaux de tentatives sont dans mon agenda.
- ☐ Mon territoire de la semaine est choisi.
- ☐ J’ai préparé mon entrée en matière et ma demande de recommandation.
- ☐ Mon tableau de suivi est prêt.
- ☐ J’ai prévu un moment de bilan en fin de semaine.
Limites : aucune organisation ne garantit un nombre de rendez-vous. Les résultats dépendent de ton marché, de ta régularité et de ta pratique de l’échange.
5. Questions fréquentes
Combien de temps consacrer à la prospection ?
Il n’existe pas de durée universelle. Mieux vaut des créneaux réguliers et tenus qu’une grosse journée occasionnelle.
Faut-il abandonner les réseaux sociaux ?
Non. Ils deviennent utiles quand ils soutiennent des conversations réelles, pas quand ils les remplacent.
Yoann Truwant
Formateur, coach professionnel et conférencier, fondateur de ConnectoEvolution.
Pour aller plus loin
- Comment trouver des mandats immobiliers : quatre entrées en matière pour le terrain.
- Développer un réseau d’apporteurs d’affaires : la méthode pas à pas.
- Programme de la formation Conquête & Closing
- Formation Google Maps et visibilité locale, avec Shirley Gilbert.
- Formation LinkedIn, avec Alexis Kociszewski.